La musique et la géométrie sont comme le yin et le yang de l'œuvre d'Anne Teresa De Keersmaeker. Dans son Mystery Sonatas / for Rosa elle lie le motif de la rose – depuis toujours un symbole du mystère – aux Rosenkranzsonaten (1676) de Heinrich Biber. Ce compositeur bohémien était connu pour son recours à la scordatura, une manière différente d'accorder les instruments à corde. La violoniste Amandine Beyer et son ensemble Gli Incogniti, des références dans le monde de la pratique d'interprétation historiquement informée, accomplissent un véritable tour de force. De Keersmaeker fait danser les quinze « Sonates du Mystère », écrites pour accompagner la prière du rosaire, par une nouvelle génération de membres de Rosas. Mystery Sonatas / for Rosa est aussi un hommage à plusieurs héroïnes rebelles : la peintre Rosa Bonheur, les activistes Rosa Parks et Rosa Luxemburg, Rosa Vergaelen, une ancienne enseignante de De Keersmaeker, et Rosa, activiste du climat décédée à l'âge de quinze ans lors des inondations en Wallonie l'année dernière.