Réinterprétation de Vivaldi en danse et en motifs interminables
Tout comme les saisons font changer la nature, les nouvelles interprétations ont le pouvoir de transformer l'art classique. Voilà pourquoi les frontières entre la danse et la musique se brouillent dans ce concert-chorégraphie. Le chorégraphe Michiel Vandevelde enrichit d'un niveau supplémentaire la dimension emblématique que le compositeur Max Richter avait déjà ajoutée en 2012 aux Quatre Saisons d'Antonio Vivaldi. La composition de Richter prend vie grâce à l'ensemble à cordes BRYGGEN, qui trace interminablement des motifs sur la scène tout en jouant la partition de mémoire. Parmi eux se déplace une danseuse solitaire, réfutant et soulignant à la fois la composition.
Comme dans les chorégraphies précédentes que Vandevelde est venu présenter à DE SINGEL, il se sert de l'œuvre musicale, en l'occurrence four seasons changed, pour analyser les modèles sociaux. Au rythme de la fascinante réinterprétation de Richter, il lance une réflexion sur les concepts de progrès, de changement et de capacité d'adaptation – à nouveau furieusement pertinents au regard des spasmes conservateurs qui agitent l'Europe. Cette soirée envoûtante nous rappelle que, face au changement, il reste toujours de nouveaux horizons à explorer. Car la culture est sans cesse en mouvement, à l'image des musiciens dans four seasons changed.