« Ceux qui me connaissent, apprendront qu'ils ignorent qui je suis et ceux qui me découvriront, maudiront l'heure où ils m'ont connue » : voilà la mise en garde d'Hanane Hajj-Ali au début de son spectacle.
Hanane Hajj-Ali, la cinquantaine, est l'une des femmes de théâtre libanaises les plus connues et les plus versées dans l'agit-prop. Le monologue de cette actrice, épouse et mère qui fait son jogging quotidien pour échapper à l'ostéoporose, l'obésité et la dépression entraîne les spectateurs à travers les rues de Beyrouth, le long de ses rêves, ses aspirations, ses désillusions et les personnages qu'elle a interprétés. Le rituel du jogging quotidien a des conséquences contradictoires. Sur la toile de fond d'une ville qui détruit afin de reconstruire et reconstruit afin de détruire, les deux hormones libérées par l'activité sportive – la dopamine et l'adrénaline – ont un effet tour à tour destructeur et constructif. « Jogging » d'Hanane Hajj-Ali est un texte à multiples niveaux qui n'élude ni la dimension personnelle, ni la politique.