Budapest Festival Orchestra olv. Iván Fischer
Strauss - Mahler
Les poignants « Vier letzte Lieder » (« Quatre derniers lieder ») sont à la fois le couronnement de la brillante carrière de compositeur de Strauss et un adieu résigné à la vie. C'est dans un idiome chatoyant, mais raffiné, typique du romantisme tardif, que Strauss dépeint son crépuscule musical empreint de passion.
Les adieux et la mort sont également les thématiques essentielles des « Lieder eines fahrenden Gesellen » (« Chants d'un compagnon errant ») de Mahler. Comme il est de mise pour un artiste sensible, Mahler a surmonté sa rupture avec Johanna Richter en écrivant six poèmes, dont il en mit quatre en musique. L'opposition typiquement romantique entre l'amoureux en proie à des affres insupportables et le cadre naturel idyllique n'est résolue qu'au moment où le protagoniste sombre dans le sommeil éternel sous un tilleul. Quant à la Symphonie n° 4 de Mahler, elle trouve également son origine dans un lied orchestral.
Même si le charismatique et charmant Iván Fischer est un polyglotte notoire, sa langue maternelle est incontestablement la musique. Ses ambitions avec le Budapest Festival Orchestra dépassent le fonctionnement habituel d'un orchestre. En tant qu'ensemble flexible, loin de la routine, l'orchestre et le chef se réinventent sans cesse. Pour le duo de solistes, Fischer choisit l'expérience en la personne de la soprano étoile Miah Persson, ainsi qu'un talent qui monte, Tassis Christoyannis. La soirée promet d'être de toute beauté.