Festival Strings Lucerne olv. Enrico Onofri
Nuria Rial sopraan
La soprano catalane Nuria Rial est la grande étoile de cette soirée de concert au titre ronflant : « Grâce et Drame ». Elle brille dans un air de concert de Haydn et deux airs d'opéra de Gluck. L'air de Haydn se situe résolument dans le volet « gracieux » du programme, alors que « Non sperar, non lusingarti » de Gluck, tiré d'un opéra rempli de chinoiseries, introduit une touche plus dramatique et exotique à la fois. L'air « O del mio dolce ardor » est une déclaration d'amour enflammée de Pâris empruntée à l'opéra raffiné « Paride ed Elena » de Gluck. Le mot d'ordre de cette soirée est donc « savourer » !
Entre ces œuvres vocales, l'admirable orchestre de chambre de Lucerne, sous la baguette d'Enrico Onofri, témoigne de son immense talent dans des compositions charmantes telles que l'Ouverture d'« Olympie » de Joseph Martin Kraus, le « Mozart suédois », ou dans des œuvres du « vrai » Mozart, dont la Symphonie n° 29 et le joyau qu'est l'Adagio et Fugue. Mais l'œuvre orchestrale qu'attendront la plupart d'entre vous, c'est incontestablement la « Symphonie des Adieux » de Joseph Haydn. Avec l'humour subtil qui le caractérisait, Haydn fit savoir à son mécène que ses musiciens avaient réellement besoin de repos : au cours de l'interprétation de l'œuvre, ils quittent l'un après l'autre le plateau.