Salon de la pensée - De stad is de wereld
Bouwstenen voor de toekomst
Le Salon de la Pensée réunit de manière informelle des penseurs de premier plan et un public intéressé, et ouvre - littéralement - un espace de réflexion sur des sujets d'actualité touchant à la vie artistique et sociale.
Lors du Salon de la Pensée #4, nous réfléchissons à la ville de demain. Depuis peu, la majorité de la population mondiale vit en ville ; ce déplacement vers les villes et l'espoir d'y trouver une plus grande prospérité ne feront que s'intensifier. Mais en même temps seront atteintes les limites écologiques de la planète. L'avenir sera en ville ou ne sera pas, mais alors se pose la question : comment est-il possible de soutenir la ville dans son projet d'offrir un avenir protecteur et durable au monde entier, celui qui occupe d'ores et déjà ses rues. La ville peut-elle sauver le monde ?
Eric Corijn (VUB), optimiste, répond " oui " à cette question. La ville n'est pas un pays, affirme Corijn, et c'est précisément pour cette raison qu'elle est en mesure de sauver le monde. Puisque la ville héberge le monde, elle a les clés en mains pour résoudre ses problèmes, qui sont les problèmes présents dans ses rues. La ville en tant que lieu rassemblant des communautés très différentes sait qu'elle n'est pas ancrée dans l'une de ces communautés ; par conséquent, elle ne peut se réaliser qu'en tant que projet pour une future vie commune. La ville au regard prospectif examine comment ces communautés - toutes confrontées à des problèmes de mondialisation, de migration, d'inégalité et d'épuisement écologique - peuvent préparer un avenir commun.
Stijn Oosterlynck (UA) voit, lui aussi, la ville comme le lieu de rassemblement de diverses communautés, mais il se pose des questions face à cette mixité sociale, dont il considère qu'elle avantage uniquement les privilégiés. Il vaudrait donc mieux, à l'avenir, réserver certaines parties de la ville à une fonction de quartier d'arrivée ou de transition. Les gens y arriveraient en toute sécurité, découvriraient les services et réseaux nécessaires pour entamer leur ascension sociale et trouveraient par la même occasion un lieu de vie abordable. Les conséquences de la mondialisation, de l'épuisement des ressources naturelles et de l'inégalité raciale sont de véritables défis qui se posent à la ville. Elle ne pourra pas offrir un avenir protecteur et durable à toutes les communautés si on ne lui fournit pas les moyens et les dirigeants nécessaires pour en arriver à une concrétisation radicale de cet objectif. Elle doit par conséquent être soutenue par un État-providence fort.
En tant qu'artiste intervenant principalement dans un contexte urbain, Jeanne van Heeswijk travaille sur les effets de la mondialisation, de l'inégalité et de l'épuisement écologique. À travers ses interventions artistiques, elle tente d'aider les gens à mieux comprendre leurs circonstances de vie et à réécrire cette situation comme une injustice partagée. Elle traduit les frustrations d'individus impuissants face à une réalité complexe en une lutte et une sollicitude partagées. Le résultat final est une meilleure compréhension, une plus grande réactivité et combativité, mais aussi une réserve d'imagination et des stratégies pour contribuer à façonner sur le long terme la lutte pour la ville et l'attention envers elle.
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