Une performance sans fard sur le travail, le rétablissement et l'enracinement.
Dans la cour de ferme de l'aspirant paysan Louis Vanhaverbeke, la frontière entre agriculture et performance s'estompe. Tractor Rapsodie retrace le retour à la terre de l'artiste après une période mentalement perturbée. Il cherche désormais à se raccrocher à l'effort physique et aux rythmes naturels du sol. Semer, moissonner, composter – autant de gestes qui rendent à nouveau le temps tangible.
Par le biais de chansons, d'actions et de machines se dessine un autoportrait vulnérable, oscillant entre les pensées et les profondeurs de la terre, entre l'obligation de « normalité » et la différence opiniâtrement entretenue. Ce qui commence comme une tentative de s'enraciner à nouveau devient une réflexion sur le travail, le rétablissement et l'envie de vivre à son propre rythme. Sur le plateau, des machines agricoles apparaissent en tant que partenaires performatifs. Leurs bruit, leur poids et leurs mouvements déterminent le tempo et cassent l'image romantique de la campagne.
Tractor Rapsodieest un hommage brut à la lenteur. L'ancrage dans la terre n'y est pas un concept éthéré, mais un processus physique vital. Au fil d'un cycle de perte et de recommencement, le spectacle invite le public à bouger en se joignant au rythme de la terre où l'histoire, le travail et la vie se fondent continuellement les uns dans les autres.