La colère peut détruire, la colère peut révéler. Parfois une rage qui dévore tout, elle peut aussi bien être une compulsion irrésistible de voir les choses telles qu'elles sont. Dans Tender Rage, une intervention artistique en deux actes, Luanda Casella sonde cette émotion ambiguë, en compagnie du batteur Eric Thielemans.
La femme de théâtre brésilienne, artiste associée du SINGEL, analyse dans son travail les manières dont le langage et les récits façonnent notre réalité. Après des années de recherches sur les « narrateurs non fiables », elle traite à présent la question de la vérité.
Casella s'intéresse à cette fin aux mèmes, les aphorismes du XXIe siècle. Dans cette zone de tension entre sagesse populaire et viralité, Tender Rage ralentit le flot et redonne du poids aux paroles. Ainsi se déploie un diptyque composé d'une installation à base de textes, intitulée proverbs for a strange world, et de unplugged fearless speech, une performance à la Kunstenplein où la parole elle-même devient une prise de risque.