"L'œuvre de Lawrence Malstaf se situe dans la zone frontière entre les arts plastiques et théâtraux. (…) L'expérience théâtrale est chez Malstaf une expérience individuelle où chaque visiteur peut à la fois observer et (parfois) être observé. Sa création d'environnements compatibles avec différents types de personnes ouvre la voie à divers angles d'approche, selon les affinités et le rythme de chaque visiteur. Malstaf rejoint ainsi d'une manière très personnelle et originale un courant actuel des arts de la scène, dans lequel le spectateur individuel, brusquement libéré des codes de l'événement collectif, retombe entièrement sur lui-même. (…) En ce sens, les " anti-automates " de Malstaf sont comparables à une performance. Ce sont des installations vivantes qui sont dépendantes du visiteur et dans lesquelles " l'espace est l'acteur et le corps le partenaire ". Le visiteur devient une part physique essentielle de ce qui se passe et le vit de l'intérieur, au lieu de penser ou de l'interpréter de l'extérieur. Un exemple de ce " being in the middle " est l'installation " Mirror ". (…)
En substance, l'œuvre de Malstaf demeure cependant une intrigante contradictio in terminis: au moyen de la science et de la technologie, il tente de susciter des expériences sensorielles qui sont plus directes que notre analyse intellectuelle. En effet, bien que ses " anti-automates " portent en eux une grande force sculpturale et architecturale, il ne recherche pas uniquement la valeur esthétique du scientifique ou du technologique. La forme est surtout fonction de l'expérience de catharsis. Son œuvre va toujours davantage dans cette direction : celle des installations purement immatérielles, où prime l'expérience, et non le design. (…)" . Sally De Kunst