Abdel Rahman El Bacha
Dans la série 'Préludes, opus 28' (1836-1839), Frédéric Chopin (1810-1849) exprimait son admiration pour le 'Clavier bien tempéré' de Bach. Dans cette œuvre monumentale, Bach faisait du prélude une forme à part entière qui allait au-delà de sa fonction introductrice d'origine. Chopin continue dans le même sens et fait du prélude une pièce de caractère indépendante et non programmatique pour le piano. Il ordonne ses vingt-quatre préludes selon l'exemple de Bach, en un cycle de tonalités; cependant, l'ordre ne repose pas chez lui sur le chromatisme mais bien sur le cycle des quintes, avec une alternance de tierces majeures et mineures parallèles. L'unité de l'ensemble ne tient pas seulement au lien tonal, mais aussi à une certaine dramaturgie des contrastes et à une expression analogue. Les préludes expriment des états d'esprit changeants: des rythmes emballés sont confrontés avec des largos majestueux, des nocturnes idylliques compensent des études exigeantes sur le plan technique, des accords explosifs alternent avec des cascades tourbillonnantes de triolets.
Dans les traces de Chopin, Sergej Rachmaninov (1873-1943) a composé vingt-quatre préludes qui font le tour de toutes les tonalités. Bien que les préludes de Rachmaninov n'aient pas été composés pour former une œuvre close et qu'ils aient vu le jour lors de différentes périodes de création, elles témoignent néanmoins d'une unité de style étonnante.
Crédits
piano