Aleksandar Madzar
Haydn-Schönberg, Bach-Ravel, ou l'ode aux ancêtres. Dans la Sonate n° 31 en la bémol majeur, HobXVI:46 de Haydn (1732-1809), deux mouvements dynamiques encadrent une partie centrale élégante dans laquelle un contrepoint gracile et mélodieux renvoie au Concerto italien de J. S. Bach. Cet Adagio fait partie des plus belles pages que Haydn ait écrites pour le piano. L'opus 11 et l'opus 25 de Schönberg (1874-1951) correspondent, comme d'ailleurs toutes les œuvres au piano de ce compositeur, à des moments charnières dans son processus mental. La mélodie devient un leitmotif, et dans la Suite, il entre dans la dodécaphonie en dansant sur un Prélude, une Gavotte, une Musette Intermezzo, un Menuet et une Gigue.
Bach sur un Steinway? De nos jours, il faut avoir une grande audace pour honorer de cette manière la pratique d'interprétation historique. Mais la transparence et la force dynamique ne sont que quelques-uns des aspects qui invitent à interpréter l'œuvre de Bach (1685-1750) sur un clavier contemporain. Maurice Ravel (1875-1937) a dédié son triptyque Gaspard de la Nuit à un de ses amis, le brillant pianiste espagnol Ricardo Vines. La composition se base sur les poèmes homonymes d'Aloysius Bertrand. Les trois œuvres pianistiques renvoient à des visions fantastiques, à des scènes invraisemblables et violentes.
Œuvres
Drei Klavierstücke, opus 11
Suite voor piano, opus 25
Sonate voor piano in As, HobXVI:46
Gaspard de la nuit
Partita voor klavier nr 1 in Bes, BWV825
Crédits
piano