La formation bruxelloise Bombataz ne se catégorise pas facilement. Ces quatre touche-à-tout empruntent à leur guise des éléments à tous les genres musicaux possibles : ici une touche de jazz, là une gorgée de funk ou une pincée de synthpop, pour obtenir en finale un cocktail incomparable qui invite invariablement à la danse. Sur son premier EP, « ¡Kapao! », sorti sur Fake Records, Bombataz accomplit un grand écart insensé avec une aisance qui fait envie. Ses sonorités sont tantôt d'une virtuosité spectaculaire, tantôt ludiques et drôles, puis d'une mélancolie glaciale, avant de passer sans transition à des effets vocaux loufoques et de bien étranges samplings. Alors que d'autres groupes déraperaient impitoyablement dès le premier virage, Bombataz tient fermement le volant lors de ce merveilleux périple à travers son univers. Le premier single, « Frankenstein », établit d'emblée que ces sonorités excitantes pourraient sans aucun mal franchir les frontières nationales. Les quatre musiciens savent aussi comme prolonger leur voyage d'exploration dans leurs concerts, où ils s'emploient avec une grande désinvolture à laminer consciencieusement le plateau.