deFilharmonie - Philippe Herreweghe
La Cinquième et la Huitième Symphonie de Beethoven au sein d'un même concert: une combinaison pas évidente, mais certes éclairante. Le programme montre en effet que l'évolution stylistique d'un compositeur ne se déroule pas toujours en ligne droite et de manière logique. Qu'une œuvre plus tardive ne se base pas nécessairement sur les acquis d'un chef d'œuvre antérieur pour évoluer plus avant, même chez un génie comme Beethoven.
Cela ne signifie pas pour autant que la Huitième Symphonie de 1812, qui est à première vue beaucoup moins progressiste, soit le point faible du programme. Dans cette œuvre, Beethoven fait ses adieux à l'idéal symphonique d'une génération passée - la symphonie classique telle qu'elle a été développée à la perfection par Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart. En même temps, cet ancien idéal symphonique est le point de départ d'une parodie surprenante, comme dans la coda du dernier mouvement, enflée en dehors de toute proportion.
Dans la Cinquième Symphonie de 1807 par contre, l'approche de Beethoven est des plus sérieuses: la symphonie est devenue, dans le prolongement de la Troisième Symphonie, un drame musical sans paroles hautement personnel.
Œuvres
Symfonie nr 8 in F, opus 93
Symfonie nr 5 in c, opus 67
Crédits
interprétation musicale
direction musicale
en collaboration avec