Geraldine McGreevy . Graham Johnson
Dates
mer 19 avr 2006 - 20:00
lieu
Blauwe zaal
durée
1h 50' Extra info
introduction Lucrèce Maeckelbergh . 19.15h . Salle de conférence
Aucun poète allemand a autant inspiré des générations de compositeurs à traduire ses textes en musique que Goethe. Les poèmes des 'Wilhelm Meisters Lehrjahre', Bildungsroman de Goethe, et particulièrement le personnage de Mignon, ont par exemple frappé l'imagination de tous les grands compositeurs de lieds. Dans le livre, Mignon est présentée comme une mystérieuse enfant errante sauvée par Wilhelm Meister d'une compagnie de cirque où elle était maltraitée. Personne ne sait d'où vient Mignon. Elle est taciturne et n'exprime ses sentiments que dans d'étranges chants qui parlent de son désir d'amour et de patrie - des sujets typiquement romantiques qui exerçaient un grand attrait sur bien des compositeurs de lieds. Au fil des différentes représentations, les Mignon-Lieder ont acquis leur propre existence. Là où chez Zelter et Beethoven ils se trouvent encore intégrés dans le cadre original du roman, Schubert et Schumann apportent de plus en plus une dimension universelle humaine aux thèmes du 'Sehnsucht' et du 'Heimatlosigkeit'. Du point de vue de la force et de l'expression, les Mignon-Lieder d'Hugo Wolf (1860-1903) surpassent quant à eux encore ceux de ses prédécesseurs. Soixante ans après Schubert, Mignon n'est plus une enfant innocente. Grâce à une partie de piano touffue, à caractère orchestral et riche en images ainsi qu'à un style de chant déclamatoire, Wolf brosse le portrait psychologique d'une femme tourmentée qui pourrait symboliser la société bourgeoise décadente de la fin du dix-neuvième siècle.