Graham Johnson & jonge liedzangers 2
"La musique ne fait qu'emmener, comme le gaz qui s'y engouffre, le ballon dans les airs." Cette phrase de Goethe exprime l'essence de son esthétique du lied, un plaidoyer pour le simple chant strophique avec un accompagnement parcimonieux au clavier: un rôle subalterne conféré à la musique qui ne fait que soutenir le poème (le ballon). Goethe s'opposait ainsi à l'approche schubertienne de la musique et de la parole - des lieder où les strophes ont chacune leur propre mélodie avec un accompagnement suggestif au piano - qu'il condamnait comme des "détails dérangeants qui ne mettent pas le poème en valeur." Douze ans plus jeune que Schubert et presqu'aussi âgé que Schumann, Felix Mendelssohn (1809-1847) n'a pas participé au développement progressiste du lied romantique, mais a surtout suivi son professeur Zelter, une des grandes figures de l'école berlinoise qui partageait l'idéal de Goethe. Pourtant, derrière la simplicité apparente des lieder strophiques de Mendelssohn se cache une énorme richesse pleine de subtilités. Sa réticence à mettre en musique des poèmes de Goethe et d'autres grands poètes est assez frappante. Johannes Brahms (1833-1897) allait lui aussi moins se tourner vers les grands maîtres, étant donné que leurs poèmes étaient déjà si parfaits en soi que la musique ne pouvait plus rien y ajouter. Cela n'a toutefois pas empêché des compositeurs comme Robert Schumann (1810-1856) et Alban Berg (1885-1935) de composer des musiques grandioses sur des textes des écrivains les plus importants de leur époque.
Œuvres
Liederen en duetten
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