Koor & Orkest Collegium Vocale Gent olv. Philippe Herreweghe
Anthems & Odes van Purcell
Les derniers mois de l'année 1694 furent particulièrement chargés pour Henry Purcell. En tant que compositeur de la cour, il écrivit en novembre une œuvre célébrant le retour du roi Guillaume III. À la fin de ce même mois, il composa pour la fête annuelle de sainte Cécilia un merveilleux Te Deum, somptueux comme d'habitude, mais comprenant aussi en guise de touche très personnelle des passages gorgés de dissonances. C'est une supplique en faveur de la compassion de la part d'un compositeur au sommet de son art. En décembre, Londres fut touchée par une épidémie de variole ; l'une des victimes fut la reine Mary, qui jouissait d'une grande popularité. Pour son enterrement, l'Orphée anglais écrivit une musique grandiose où le chagrin semble battre doucement dans les tambours assourdis et les vents maussades. Malheureusement, un an après, cette musique retentit aussi à l'enterrement du compositeur lui-même.
Purcell nous ébahit à chaque fois par la multitude d'émotions, par l'alternance de grandeur et d'intimité, par la construction magistrale des œuvres. Il n'y a pas meilleure démonstration que « Hail, bright Cecilia », probablement la composition la plus ambitieuse du maître.