Pierre-Laurent Aimard
Avec ses vingt-quatre préludes (1910-1913), Claude Debussy (1862-1918) se réfère à une longue tradition de cycles de préludes entamée par Chopin, en hommage au 'Clavier bien tempéré' de Bach. Contrairement à ceux de Chopin, les préludes de Debussy ne forment pas un cycle cohérent, mais il s'agit plutôt d'une succession décousue de miniatures isolées de caractère différent. Debussy innove également en donnant un titre à chaque prélude, qui vise à exciter l'imagination des interprètes et des auditeurs.
Les près de nonante préludes d'Alexandre Scriabine (1871-1915) forment une sorte d'agenda de composition qui montre clairement son évolution harmonique. Si ses premiers préludes trahissent encore fortement l'influence de Chopin, ses préludes ultérieurs le mènent progressivement dans la zone de transition entre tonalité et atonalité, pour en arriver à un idiome harmonique tout à fait original basé sur les accumulations de quartes. La dernière série de préludes, l'opus 74 de 1914, baigne dans l'ambiance mystique tellement typique de cet alchimiste du son qu'est Scriabine.
Derrière les titres des huit préludes d'Olivier Messiaen (1908-1992) se cachent de véritables études de couleurs. Bien qu'il s'agisse d'une œuvre de jeunesse, on trouve déjà ici les germes du langage musical personnel de Messiaen, qui est essentiellement un langage de couleurs ou de 'son-couleurs', basé sur des gammes modales dont les possibilités de transposition sont limitées.
Œuvres
Vijf preludes, opus 74
Acht préludes
Préludes, Boek I
Crédits
piano