Rotterdams Philharmonisch Orkest - Valery Gergiev
Le Rotterdams Philharmonisch Orkest demeure un ensemble fantastique et sublime; pour les musiciens de l'orchestre, il est presque impossible de ne pas être en forme sous la direction d'une personnalité comme celle de Valery Gergiev. Après les programmes spectaculaires et 'bigger than life' des années précédentes, Gergiev et son orchestre se tournent cette fois d'une part dans une direction un peu plus confortable, et d'autre part vers la dentelle du vingtième siècle la plus fine qu'on puisse imaginer.
Ce n'est pas qu'il faille exagérer ce côté 'confortable'. La Première Symphonie de Sibelius (1865-1957) possède certes l'aspect gentil et bien élevé qui caractérise immanquablement le Finlandais, mais les sautes d'humeur abruptes et les effusions romantiques laissent entièrement l'occasion à Gergiev de donner libre cours à son tempérament agité. La symphonie est précédée par le poème symphonique La fille de Pohjola (1906) dont le programme, tout comme celui du Lemminkainen qui est joué plus fréquemment, est emprunté au recueil finlandais du Kalevala. La création de La fille de Pohjola a eu lieu à Saint Petersbourg, l'autre port d'attache de Gergiev, plus ou moins à l'époque où Chostakovitch y est né.
Pour terminer, on jouera le ballet Agon de Stravinsky (1882-1971). Le nom signifie 'combat', même si on ne l'entend pas explicitement dans l'oeuvre. Un ballet clapotant imperturbablement, sans scénario littéraire, est nourri par quatre fois trois danses antiques. Stravinsky combine une image sonore diatonique avec une structure sérielle. Particulièrement exigeant dans toute sa nudité.
Œuvres
Symfonische fantasie 'De dochter van Pohjola', opus 49
Symfonie nr 1 in e, opus 39
Ballet 'Agon'