Wu Tsang transforme « Moby Dick » en film, la musique est d'Asma Maroof et Caroline Shaw.
« À ne pas rater » et « une révélation », voilà l'avis de la revue Variety sur Wildness, le premier film de la metteuse en scène et artiste de performance Wu Tsang, sorti en 2012. Membre du noyau artistique permanent du Schauspielhaus de Zurich et entourée de son propre collectif Moved by the Motion, elle réalise des films, des installations et des performances. En 2020, la Fondation Lafayette à Paris a proposé une rétrospective de son œuvre. En 2022, Wu Tsang fera partie de la sélection officielle de La Biennale de Venise, dans le cadre de l'Arsenale. Wu Tsang exhume des histoires cachées, à la recherche de récits de groupes marginalisés comme les migrants ou la communauté LGBTQIA+. Elle remet radicalement en question les rapports entre son sujet et le spectateur en ajoutant à chaque fois un élément performatif à son travail. Pour sa création la plus récente,Moby Dick, cet élément est peu ordinaire : il s'agit d'un orchestre de chambre se produisant en live. À partir du roman éponyme d'Herman Melville, Tsang réalise un film muet en faisant appel aux technologies virtuelles les plus récentes. La DJ Asma Maroof et la compositrice Caroline Shaw fournissent la bande-son. L'intrigue d'origine est considérablement modifiée. Tsang replace le voyage entrepris par Moby Dick dans un contexte plus large ; il a lieu à une époque agitée, celle de la traite transatlantique des esclaves et des débuts du capitalisme moderne. Tsang réécrit l'histoire à partir d'un regard postcolonial.