Tu te demandes : comment sommes-nous arrivés ici ? Mais surtout : comment faut-il continuer à partir d'ici ?
Dans ce portrait extrêmement personnel et critique envers la société, l'homme de théâtre Sadettin Kirmizyüz fait le bilan de son travail et de sa vie. La naissance de son fils a radicalement modifié sa vision du monde, et donc aussi du théâtre et de lui-même. Ces dernières années Sadettin a surtout récolté les louanges pour sa manière légère, drôle et éloquente de porter en scène des thèmes complexes tels que l'intégration, le terrorisme et le populisme. Mais ces spectacles ont-il eu un effet quelconque ? Avons-nous fait le moindre progrès ? Ou le moment est-il venu de passer à l'action de façon nettement plus radicale ?
Pourquoi, en fait, ne me suis-je jamais radicalisé, se demande Sadettin. Cette question l'emmène en Syrie et au « Schilderswijk » – le Quartier des Peintres – de La Haye, vers sa jeunesse et les membres de sa famille, mais aussi vers des blogs d'extrême-droite comme « Nederland mijn Vaderland ». Il passe de la perspective de l'islamiste radicalisé qui part en Syrie à celle de l'infidèle qui se fait rejeter par sa propre communauté musulmane, tout en étant accueilli à bras ouverts par l'Occident. Cette contradiction fait apparaître des doutes douleureux et des dilemmes apparemment insurmontables, mais aussi la solitude et le vide derrière les plaisanteries.
Ce spectacle clôture la trilogie « Hollandse Luchten ». En 2014 Kirmiziyüz a créé en collaboration avec Marjolijn van Heemstra Jeremia un spectacle sur la liberté d'opinion, sélectionné pour le Nederlands Theater Festival. En 2015 a suivi « Pandgenoten », sur les tensions, idéaux et évolutions au sein de la politique de logement aux Pays-Bas.